Nos enfants et les écrans

 
  • France 2 vient de faire un reportage dans “Envoyé Spécial” sur les effets des écrans sur les enfants.
Les constats sont alarmants: addiction, trouble de la relation, retard important de langage, émotions débordantes, problème de concentration…
45 minutes pour réaliser les conséquences de nos choix éducatifs quant aux écrans.

  • Une photographe américaine Donna Stevens a voulu questionner l’impact de la télévision sur les enfants, sur leurs apprentissages et sur leur imaginaire. Elle a placé des enfants devant la TV et les a pris en photo au bout de quelques minutes bouche béé, le rendu est effarant.

 

 

 

 

On est bien d’accord que ce n’est pas évident de lutter contre les demandes souvent insistantes de nos enfants de regarder un écran, qu’il est plus facile quand on doit s’occuper de la maison ou avancer son travail ou faire à manger… de leur allumer une tablette, la TV…

Alors sans forcément éliminer tous les écrans, il est plus question de les contrôler dans le temps, dans le choix, dans les échanges avec nos enfants.

  • Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste  dans sa campagne “3/6/9/12” alerte et prévient des dangers des écrans et conseille les parents sur les précautions à prendre aux différents âges de nos enfants: 3 ans, 6 ans, 9 ans et 12 ans.

 

  • pas ou peu d’écran avant 3 ans (privilégier le jeu et la manipulation)
  • on fixe des temps limité (5/10/15/20/30/45 minutes d’écran d’affilée maximum en fonction de l’âge)
  • respecter les âges indiqués (surtout pour les films et les jeux vidéos)
  • les écrans sont dans la pièce principale à la vue de l’adulte
  • on accompagne l’enfant, on parle de ce qu’il voit (pendant et après)
  • on apprend l’enfant à se protéger de ce qui lui fait peur ou n’est pas adapté (baisser le son, éteindre, changer de chaîne, fermer une fenêtre d’ordinateur, partir)
  • pas d’internet avant 9 ans (ordinateur dans la salle à manger à la vue des parents), on lui apprend à se protéger de la violence, de la pornographie, de sa vie privée.
  • pas de réseaux sociaux avant 13 ans
  • PAS D’ECRAN DANS LES CHAMBRES!

Une autre campagne de prévention effectuée par une psychologue clinicienne pour donner 4 repères fondamentaux:

-pas d’écran le matin

-pas de TV dans la chambre

-pas d’écran avant de s’endormir

-pas d’écran durant les repas


  • Quelques repères de temps “maximum”:

– pas d’écran le matin avant d’aller à l’école

– un temps d’écran contrôlé grâce au magique “time timer”

 

 

 

  • 15 à 30 minutes maximum de jeu sur tablette
  • des tranches de 30 à 45 minutes de TV puis on éteint pour laisser l’enfant jouer à ce qui le ressource

 

Un Article de journal janvier 2018 avec Boris Cyrulnik, neuro-psychiatre et Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education Nationale qui parlent de l’impact des écrans sur les enfants. 

INFO OUEST-FRANCE. Le ministre de l’Education s’appuie sur un neuropsychiatre pour « penser la maternelle de demain »

Recueilli par Stéphane VERNAY

Et les écrans ? Quel impact ont-ils sur l’apprentissage du langage ?

Boris Cyrulnik. Si on laisse un enfant face à un écran (c’est devenu une nouvelle « nounou ») il n’apprend rien. Il est médusé. Au-delà de trois à quatre heures par jour, ses performances de langage diminuent, parce qu’il n’a plus l’entraînement des mots, tout comme son aptitude à se décentrer de son monde mental pour éprouver le plaisir de visiter le monde mental d’un autre. Plus l’enfant est petit, plus c’est grave, mais plus c’est récupérable dès lors que la situation change. En associant l’école avec des activités de type musique, sport, ou théâtre, qui l’obligent à apprendre à parler et à jouer, on peut rattraper cela.

Jean-Michel Blanquer. Il faut éviter que les enfants soient devant les écrans de manière abusive, notamment avant l’âge de 7 ans. L’école doit véhiculer ce message. Quand on voit aujourd’hui que dans une queue de supermarché on donne un smartphone à un enfant pour s’occuper, on fait quelque chose de nocif. La question est cruciale, et elle concerne d’autant plus la maternelle que l’abus d’écrans a un impact sur la qualité de sommeil ou la concentration des enfants. L’école élémentaire ultérieurement va leur enseigner des compétences technologiques, leur apprendre à coder et à vivre dans le monde numérique de demain, mais nous devons aussi leur apprendre à se préserver en tant qu’humain, pour ne pas devenir esclaves de la machine. C’est une question clé. Et ça commence dès la maternelle.”

  • Alors déjà pour rassurer tout le monde nos enfants aiment et demandent les écrans (souvent!😧)

Chez nous pas de chaînes tv donc pas de journal télévisé (quelle horreur pour les yeux et le moral surtout d’un enfant!) donc les programmes sont choisis: DVD ou sur ordinateur (le plus souvent programmes pour enfants car le dernier a 4 ans).
Il y a la notion d’être actif, ce qui n’est pas le cas quand un enfant zappe les chaînes, se laissant porter par ce qui lui est proposé et non par ce qu’il désire. Un enfant peut être actif en choisissant dans son programme tv mais les notions de choix et d’action sont importantes.

Ensuite on regarde avec les 2 plus grands certains films choisis (culture cinématographique) et on leur apprend à rester “maîtres des écrans” : possibilité de baisser le son, avancer une scène ou éteindre si ça fait trop peur. On ne regarde pas le film d’un seul coup, on le fragmente en 45 min à 1h max et on en parle ensemble (ce qu’on a aimé/compris ou non) on fait des liens vers d’autres films.

Pour ce qui est de la tablette, cela se joue par tranche de 15 à 30 minutes maximum, on discute des jeux choisis, on parle des jeux interdits aux moins de 18 ans “GTA” (auquel certains enfants de CP jouent!😨) on leur explique qu’ils doivent protéger leur cerveau en vérifiant ce qui y entre (peur, colère, tristesse ou joie, rires, suspens..), on partage des temps de jeux avec eux sur tablette. Le “time timer” est garant du temps, souvent les enfants nous disent “déjà?” cela leur donne la conscience de leur temps qui défile si vite devant les écrans.

L’ordinateur est dans la salle à manger à notre vue, le grand sait fermer une fenêtre si un contenu indésirable apparaît.

Dans notre foyer nous utilisons beaucoup la technologie pour notre travail, nous aimons le cinéma, notre idée n’était donc pas d’interdire les écrans mais de les limiter et d’accompagner au mieux nos enfants en les informant (des besoins de leur cerveau), des risques et en leur apprenant à se protéger eux-mêmes.

Dans cette société qui n’a pas de rituels de passage pour les âges charnières de 10 ans ou du passage au collège ou des 13 ans ou de la puberté, nos jeunes peuvent prendre leur repères dans des “interdits” tels que les réseaux sociaux très jeunes, les écrans dans les chambres, la violence, la sexualité sur internet (un important pourcentage de garçons de 11 ans a vu un film pornographique).
Sachant que dès que notre enfant passe au collège, il passera 80% de son temps sans nous et loin de notre regard, il nous semble important qu’il apprenne à porter en lui sa propre sécurité et qu’il puisse nous faire confiance pour l’accompagner dans ses premiers pas vers l’autonomie. Nous ne serons pas là quand un camarade lui montrera une vidéo violente…ce sera à lui de savoir dire non.

Et puis à tout âge notre enfant à besoin de jouer dans la Nature, de dessiner, créer, être seul en silence, jouer avec des copains, frères et soeurs, bouger son corps, faire du sport, inventer, réviser et travailler, cuisiner, chanter et jouer à des jeux de société.

Donc pour limiter les écrans à nous de poser la question à notre enfant: “quel est ton vrai besoin? Avant l’écran?”

Et peut-être lui proposer certains de nos jeux fétiches en ce moment (pour les 8/10 ans)
– Skull King
– la guerre des moutons
– le saboteurs
. .

  • Si on laisse nos enfants tout le temps devant les écrans, on les coupe de leurs besoins premiers, des activités qui leur donnent du plaisir, de l’énergie, qui les font grandir, évoluer.

Nos enfants ont besoin de dessiner, de bouger, de chanter, de cuisiner, de jouer avec d’autres enfants, de lire, qu’on leur lise des histoires, de jouer à des jeux de société, de rester seul à inventer des histoires, de se balader dans la nature, de faire du sport…..

Nous sommes donc responsable de ce que nous mettons à leur disposition, de ce que nous partageons avec eux et des conséquences de nos choix.

Veut-on un enfant comme ça?

 

 

 

Où des enfants comme ça?